Page 302 - Les Nouveaux Guides Géologiques et Miniers du Maroc - Volume 9
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                    302                  NOUVEAUX GUIDES GÉOLOGIQUES ET MINIERS DU MAROC - VOLUME 9

                   Description des gisements et minéralogie : Selon les des-  Bouladon (1952), la particularité des minéralisations
                   criptions de Bouladon (1952), Emberger (1965), Wadjinny  d’Aouli et Mibladen réside dans l’abondance de la barytine
                   (1998), complétées par des observations personnelles, le  et la rareté de la sphalérite et de la chalcopyrite. Le même
                   gisement d’Aouli comprend deux champs filoniens : le  auteur note que le minerai oxydé de Mibladen est moins
                   champ « Henri » rassemblant des filons orientés NE-SW,  riche en argent et beaucoup moins riche en bismuth que le
                   encaissés dans un granite et des formations paléozoïques  minerai d’Aouli et titre en moyenne 75.5% Pb, 0.3% Zn,
                   métamorphisées ; et le champ filonien Sidi Ayad, plus au  270 g/t Ag et 0.04g/t Bi.
                   nord, avec les filons Marabout et Tissoudine orientés NE-
                                                                      La minéralisation de Zeïda est également stratiforme, mais
                   SW et E-W et encaissés dans des formations paléozoïques
                                                                      encaissée dans les grès et arkoses du Trias (Trias moyen ou
                   métamorphisées (fig. 8.1.3). La minéralisation est particu-
                                                                      base du Trias supérieur ?) transgressifs sur le granite. La
                   lièrement développée dans la zone de l’accident d’Aouli-
                                                                      minéralisation est concentrée dans des paléo-chenaux. Elle
                   Ksabi correspondant à la bande déformée entre les deux
                                                                      s’étend vers le SW jusqu’à Boumia (Amade, 1965). Elle
                   failles normales « Henri » et « Amourou » (figs. 8.1.3,
                                                                      comporte essentiellement de la galène et de la barytine rose
                   8.1.5). Les filons, d’extension hectométrique à kilomé-
                                                                      abondante, de la cérusite (supergène), avec accessoirement
                   trique, ont une puissance comprise entre 1 et 8 m et se pré-
                                                                      anglésite, wulfénite et vanadinite (comme autres minéraux
                   sentent sous forme de colonnes minéralisées alternant avec
                                                                      d’altération supergène). Ces minéraux occupent les inter-
                   des colonnes stériles. Le minerai (4% Pb) est constitué es-
                                                                      stices entre les grains de sable des arkoses. Des veinules
                   sentiellement de galène faiblement argentifère, avec un
                                                                      non-économiques de galène-barytine recoupent les arkoses
                   peu de pyrite, sphalérite et chalcopyrite, dans une gangue
                                                                      et les granites d’Aouli ou Boumia (Amade, 1965).
                   de quartz (avec barytine rose et plus rarement fluorine).
                                                                      Les méthodes d’exploitation ont été principalement en ga-
                   Le concentré de galène du filon « Henri » titrait 300-600
                   g/t Ag et 400-800 g/t Bi (Bouladon, 1952). La cérusite  lerie et chambres à Aouli (fig. 8.1.6A), en galerie ou car-
                   abondante, la malachite et l’azurite plus rares, constituent  rière à Mibladen (fig. 8.1.6B), en carrière à Zeïda.
                   les minéraux secondaires.                          L’enrichissement du minerai se faisait sur place par gravi-
                                                                      métrie et flottation.
                   L’ensemble du gîte de Mibladen est réparti sur 15 km de
                   long ; il est bordé par les failles d’Aouli et Amourou. La  Interprétation génétique : Le dispositif d’ensemble de la
                   minéralisation de Mibladen est stratiforme, sous forme  minéralisation sulfurée plombifère du district de la Haute
                   d’amas subhorizontaux dans les formations carbonatées et  Moulouya (figs. 8.1.1B, 8.1.5) suggère une liaison étroite
                   dolomitiques du Lias moyen. Les amas minéralisés sont  entre elle et la présence de nombreuses failles de secteur
                   encaissés dans deux séries carbonatées du Lias, une série  NE affectant, et le socle, et la partie inférieure de la cou-
                   inférieure de 10 m de puissance et une supérieure de 25 m  verture, Dogger inclus. De ce point de vue, comme du
                   de puissance. La teneur du minerai exploité était de 5 %  point de vue de la nature des minéralisations stratiformes,
                   Pb. Le minerai est constitué de galène et cérusite (secon-  les gisements de Mibladen se rapprochent de ceux de
                   daire) dans une gangue de calcaire dolomitique et de ba-  Touissit-Bou Beker (Emberger, 1965b ; voir plus loin la
                   rytine. La pyrite est répandue régulièrement dans la roche,  fiche 9.1). Pour Jébrak et al. (1998), le gisement de Zeïda
                   même peu minéralisée. On y trouve aussi d’autres miné-  appartiendrait à la grande famille des gisements de Pb dans
                   raux secondaires qui résultent de l’oxydation de la galène,  les grès, notamment les séries de grès rouges (redbeds) dé-
                   à savoir la vanadinite, la wulfénite et l’anglésite. D’après  finis par Björlykke & Sangster (1981). Mibladen est par



















                     FIG. 8.1.5 : Coupe diagrammatique montrant la position des minéralisations dans la boutonnière de la Haute Moulouya et dans sa couverture, d’après Emberger (1965b),
                                                           modifié (échelle approximative).
                   FIG. 8.1.5 : Diagrammatic cross-section showing the location of the mineralizations in the High Moulouya inlier and cover, after Emberger (1965b), modified (not to scale).
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